Témoignage d'Alexandre Serres

Référent intégrité scientifique, Université Rennes 2. Maître de conférences honoraire en sciences de l’information et de la communication

Publié le

En qualité de référent intégrité scientifique au sein de l’Université Rennes 2, vous appartenez au réseau Resint. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce réseau ?

Le Resint (RESeau INTégrité scientifique) est un réseau informel regroupant principalement les référents à l’intégrité scientifique des établissements d’enseignement supérieur et de recherche (ESR). Créé en 2017, le Resint est un outil essentiel pour développer une culture partagée de l’intégrité scientifique et une harmonisation des procédures.

Outre des réunions biannuelles et des échanges par liste de diffusion, quatre groupes de travail ont permis des avancées :

  • le groupe « Procédures » : élaboration du Guide pour le recueil et le traitement des signalements relatifs à l'intégrité scientifique, et des "Repères pour une mise en œuvre de la procédure de recueil et de traitement des signalements relatifs à l'intégrité scientifique, en conformité avec le RGPD". 
  • le groupe « Formations » : recensement, en partenariat avec l’Ofis, des dispositifs de formation à l’intégrité scientifique en France ;
  • le groupe « SHS » : élaboration d’un document de synthèse sur les spécificités de l’intégrité scientifique en SHS ;
  • le groupe « Séminaire de formation » : organisation, en partenariat avec l’Ofis, d’un premier séminaire, en 2019, sur les « aspects juridiques de l’intégrité scientifique » et préparation pour 2020 d’un second séminaire sur le thème de la médiation.

Le Resint remplit donc un rôle doublement précieux pour les référents intégrité scientifique. Au plan interne, il permet une mise en commun, des échanges, le partage de procédures, etc. Au plan externe, le Resint est devenu un acteur de l’intégrité scientifique reconnu par différentes instances, dont l’Ofis au premier chef, mais aussi la CPU (Conférence des Présidents d’Université) et d’autres intervenants du secteur de l’ESR.
 

Quelle a été votre implication dans les travaux du réseau ? 

Depuis mon entrée en fonction comme référent (janvier 2018), je participe au groupe de travail « Procédures » et je co-anime avec l’Ofis le groupe « Séminaire de formation ». Par ailleurs, j’ai créé la liste de diffusion Resint-info, dont je suis le gestionnaire avec deux autres collègues.

Je voudrais insister sur l’enjeu de la formation continue des référents, qui m’a toujours paru important. La thématique de l’intégrité scientifique est riche et complexe, transversale par nature et en partie nouvelle pour chaque référent issu d’un domaine disciplinaire spécialisé.
La mission délicate du référent à l’intégrité scientifique lui impose de connaître d’autres cultures disciplinaires, de maitriser de nombreux aspects juridiques relatifs à la publication scientifique et ses évolutions et d’appréhender des notions théoriques complexes comme l’éthique de la recherche et la déontologie.
D’où la nécessité pour tout référent nouvellement nommé de se former. C’est aussi ce qui rend cette mission passionnante !


Quelles sont selon vous les avancées permises par la collaboration entre le Resint et l’Ofis ?

Cette collaboration peut être vue comme une relation d’interdépendance, dans le respect de l’autonomie et des spécificités de chacun. Le Resint et les référents ont besoin d’une instance nationale jouant un rôle d’impulsion politique, de réflexion, d’orientation générale, de représentation également auprès des partenaires européens (notamment le réseau ENRIO) et des autres pays. L’Ofis apporte un support logistique et un partenariat fructueux. De son côté, l’Ofis a besoin du Resint, un réseau d’acteurs et un vivier d’expériences concrètes irremplaçables.
Etablie depuis plus de 2 ans, cette collaboration a permis déjà plusieurs avancées, parmi lesquelles l’enquête nationale sur les dispositifs de formation à l’intégrité scientifique en 2019 (co-organisée par le Groupe de travail « Formations » du Resint, le RNCD* et l’Ofis), la co-organisation d’un 1er séminaire de formation, la diffusion des travaux du Resint, etc. Et cette collaboration est appelée à se renforcer pour un enjeu essentiel : la structuration pérenne du champ de l’intégrité scientifique dans le paysage de l’enseignement supérieur et de la recherche.

*Réseau national des collèges doctoraux
 



Témoignage recueilli dans le cadre du rapport d’activité 2019 du Hcéres